>> La revue de presse
Nicolas Sarkozy fait très bien son travail, la preuve !
Mercredi, 21 Novembre 2007
Ci-dessous la transcription de la chronique de Frédéric Bonnaud, "Politiquement incorrect", diffusée à 13h10 sur Europe1, le 20 novembre 2007. Un petit chef d’œuvre de lucidité qui résume tout le bien que nous pensons de notre formidable Président de la République.
Jean-Marc Morandini (JMM) : J’ai moi-même posé cette question : Où est en ce moment Nicolas Sarkozy ? Vous souhaitez répondre à tous ceux qui se plaignent de ce silence présidentiel en ces temps difficiles.
Frédéric Bonnaud : Mais oui ! Il a raison, son porte-parole, qui n’est pas Laurent Ruquier : disons que les gens ne sont jamais contents ; quand il parle trop il est omnipotent, et quand il parle pas il ne fait rien. À vrai dire, JMM, on ne voit pas bien pourquoi Nicolas Sarkozy s’exprimerait aujourd’hui sur cette grève des fonctionnaires qui sont inquiets pour leur pouvoir d’achat. Il faut quand même se mettre à sa place : c’est une revendication catégorielle. Or, Nicolas Sarkozy est fonctionnaire que je sache, et question pouvoir d’achat, avec la petite augmentation qu’il s’est autoaugmenté-là, vous savez, ces dernières semaines de ce coté-là, tout va bien. Pourquoi voulez-vous qu’il fasse grève, cet homme ? En fait je trouve que l’ambiance rappelle celle d’après la campagne de 1995, vous vous souvenez, quand Jacques Chirac avait été réélu avec ce slogan génial qui était «la fracture sociale». Au bout d’à peu près la même période, 6/7 mois, on s’est aperçu que Jacques Chirac ne faisait rien pour la fracture sociale. Et personne ne serait allé dire à Jacques Chirac : Dis quelque chose sur la fracture sociale. Jacques Chirac disait en privé : «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient». Eh ben Sarkozy, c’est exactement pareil. Il a fait campagne sur le pouvoir d’achat, toute la campagne était sur le pouvoir d’achat, avec cette formule que j’adore : «Travailler plus pour gagner plus». Que voulez-vous qu’il dise, JMM ? Eh ben non, il ne tient pas ses promesses. Voilà, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. J’ai regardé hier sur France2 "Complément d’enquête", d’ailleurs c’est l’émission de notre rédacteur en chef Benoît Duquesne. Il y avait un reportage fascinant sur Neuilly. On oublie toujours ça, nous avons élu à 53% le maire de Neuilly, la commune la plus riche de France. Et ce maire de Neuilly, ses meilleurs copains, c’est des patrons du CAC 40. Il y a des gens qui sont étonnés qu’il fasse sa politique pour ses administrés de Neuilly et pour ses copains du CAC 40. Mais il faut vraiment être absurde pour être étonné de ça. Les gens sont incroyables, JMM.
Jean-Marc Morandini (JMM): Mais c’est le rôle du Président de s’occuper des choses vraiment importantes.
Frédéric Bonnaud : Mais il s’occupe des choses vraiment importantes, c’est clair. Le Président appartient à une oligarchie financière, et il s’occupe de cette oligarchie financière. Par exemple, on a appris que le 16 novembre, c’était vendredi dernier, il a reçu les journalistes des Échos qui étaient un peu inquiets, paraît-il : Qu’est-ce qui va se passer, patati, patata, parce que vous savez le journal Les Echos, premier quotidien économique de France, est racheté par Bernard Arnault, grand copain de Nicolas Sarkozy, ça a été son témoin de mariage et il était à la fameuse nuit du Fouquet’s où aucun de nous trois n'était invité. Donc Bernard Arnault achète Les Echos, et qui nomme le rédacteur en chef, le grand patron ? Nicolas Sarkozy ! Et après, on va me dire qu’il ne fait rien, que soit disant il suit la grève. Non, il a reçu les journalistes des Echos vendredi dernier à l’Élysée. On a eu le script de la conversation et il leur a annoncé, très calmement, qu’il nommait lui, Nicolas Sarkozy, Nicolas Beytout à la tête des Échos. Voilà c’est vraiment un Président qui fait tout, il nomme même les chefs de rédaction.
Jean-Marc Morandini : Nicolas Beytout qui était au Figaro avant… Finalement ça doit être Bernard Arnault qui doit être content que le Président s’occupe si bien de lui.
Frédéric Bonnaud : Bernard Arnault est très très très content ! Voilà, il faut arrêter de se plaindre. Est-ce qu’il manifeste, Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France ? Mais pas du tout. Il ne manifeste pas. Parce que figurez-vous qu’en douce, il y a eu une réforme de la fiscalité des dividendes. Alors c’est très compliqué, je ne vais pas vous expliquer, mais j’ai quand même bien compris le résultat. Donc, ça concerne les revenus versés par les entreprises à leurs actionnaires. Or, on apprend qu’il va y avoir une très très nette baisse fiscale pour les gens qui touchent beaucoup beaucoup de dividendes.
C’est ainsi que Bernard Arnault, donc un des meilleurs amis du Président, a touché la coquette somme en 2007 – pas des salaires, JMM, ce sont des dividendes - de 327 millions euros. Il faut le répéter : 327 millions euros. C’est pas des zlotys, c’est pas des yens, c’est pas des francs anciens ou nouveaux, ce sont des euros, 327 millions d’euros. Et grâce à cette petite réforme de la fiscalité des dividendes, vous savez combien il va économiser, Bernard Arnault, pour l’année 2007 ? Il va économiser 19 millions 560 mille euros, soit 1.000 ans de salaire annuel d’un Français. Et ensuite on nous dira que le Président ne fait pas son travail, n’applique pas le programme pour lequel il a été élu.
Vous savez, faire des cadeaux fiscaux aux riches, c’est très simple. Augmenter le pouvoir d’achat des pauvres, c’est beaucoup plus difficile. On est en train de s’en apercevoir.
Transcription assurée par notre ami Diety, de son vrai prénom Stephan, membre utilisateur du site Actuchomage, notre "expert" sur les questions de l'emploi, du chômage et des mouvements sociaux en Allemagne.
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| Nicolas Sarkozy fait très bien son travail, la preuve ! | 3 Commentaires |
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Re: Nicolas Sarkozy fait très bien son travail, la preuve !
(Score : 1)
par Monolecte actif 22 Nov 2007
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Contente d'apprendre que le génialissime Frédéric Bonnaud n'avait pas totalement disparu des ondes après son éviction prévisible mais néanmoins révoltante de France Inter.
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SARKOZY : En finir avec l'imposture et la manipulation !
(Score : 1)
par Yves actif 22 Nov 2007
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http://
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Quelques extraits d'un article mis en ligne sur Actuchomage le 13 mars 2006, plus d'un an avant les élections
Depuis 4 ans, Nicolas Sarkozy fait la Une des médias. Son don d’ubiquité exaspère. Tour à tour Maire de Neuilly, Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, ministre de l’Intérieur, ministre de l’Économie, Président de l’UMP, il est partout, on ne voit que lui et on entend que lui. Pourtant, son bilan d’homme d’état est plus que contestable. Affirmer le contraire relève de l’imposture et de la manipulation !
Ça y est, on peut l’écrire sans prendre le risque de se tromper : de Villepin s’est mis hors jeu pour la présidentielle. De toutes façons, au poste qu’il occupe, il n’avait pratiquement aucune chance d’échapper à la malédiction qui dézingue le malheureux qui ambitionne de devenir Président de la République immédiatement après avoir été Premier ministre ; une malédiction qui crucifia sur l’autel du suffrage universel Lionel Jospin en 2002 et Édouard Balladur en 1995. En chute libre dans les sondages sur fond de CPE, de Villepin semble donc «out» pour 2007, et sa probable éviction laisse le champ libre à Nicolas Sarkozy, son principal rival à droite. (…) Aujourd’hui, une autre mystification s’apprête à prendre le relais afin de préparer l’opinion publique à l’avènement de Nicolas Sarkozy, «l’homme providentiel» au bilan insignifiant, voire même désastreux sur bien des aspects.
Une carrière électorale bien pépère, bien bourgeoise
Pour dénoncer cette propagande électorale qui, dans les prochains mois, va déferler sur l’opinion publique, il est indispensable de décrypter ce qui a été fait (ou pas) par celui que les médias ont pour fâcheuse propension de présenter comme l’homme de «la rupture» ou encore, l’incarnation d’un renouveau… quelque peu faisandé si l'on y regarde de plus près. Car ces mêmes médias se gardent bien de faire le bilan d’un homme politique plutôt brillant par son carriérisme et son opportunisme, mais affligeant par la médiocrité de son action et l’insignifiance de ses résultats.
Petit retour en arrière. Si l’actuel ministre de l’Intérieur a embrassé la fonction de Conseiller municipal dès l’âge de 21 ans, il n’a guère pris de risque électoral pendant tout son parcours. En 1983, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine, une ville hyper friquée (l’une des plus riches de France, peut-être même la plus riche). Il y «brillera» par la gestion irréprochable de cette municipalité confrontée à aucune difficulté particulière et dotée, au contraire, de recettes financières plus que confortables. Neuilly-sur-Seine, comme sa grande sœur Paris, est une «affaire qui tourne», une vraie rente de situation pour peu qu’on ait quelques notions de gestion municipale.
Sarkozy, l’heureux élu des riches et des nantis
Ici, à Neuilly, pas de taux de chômage à deux chiffres (contrairement à ses consœurs du 93 où le sous emploi peut toucher 20 à 30% de la population active), pas de cités sensibles, pas de ghettos (en dehors de celui des lodens et tailleurs Chanel), peu de délinquance (mise à part la délinquance à col blanc). Neuilly, c’est un peu Monaco, frasques princiers compris et savamment relayés par Paris Match !
En 1985, Sarkozy devient vice-Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, le «Pasqua land», département le plus riche de France qui, à lui seul, génère un PIB (produit intérieur brut) supérieur à celui de la Grèce. Par la suite, il en prendra la Présidence qu’il occupe toujours aujourd’hui, car Sarko est aussi un sacré cumulard.
Voilà résumé en quelques lignes le parcours électoral audacieux de cet homme «populaire», qui se veut proche de cette France profonde qu’il croit si bien connaître et qu’il a l’ambition d’incarner. Ça ne s’invente pas
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