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>> Social, économie et politique
Réchauffement climatique : Nous sommes tous responsables !
Lundi, 05 Février 2007

Alors que Jacques Chirac en appelle à la "Révolution écologique" pour sauver la planète du réchauffement climatique qui ne fera que s'accentuer si nous ne changeons pas nos comportements, Nicolas Sarkozy fonde son programme électoral sur le slogan "Travailler plus pour gagner plus" qui sous-tend, immanquablement, "consommer plus" et "polluer plus".

Oui, nous sommes tous responsables du réchauffement climatique. Et dans ce registre, certains sont même de fieffés hypocrites, le premier étant Nicolas Sarkozy, signataire du "Pacte écologique" de Nicolas Hulot (lire aussi notre article : "La signature du «Pacte écologique» est une fumisterie !"). Comment – objectivement – peut-on se rallier aux vues du présentateur d'Ushuaïa tout en prônant une relance vigoureuse du pouvoir d'achat, donc de la consommation. Car le premier facteur de l’accélération du réchauffement climatique n'est autre que la croissance économique que l'on enregistre un peu partout dans le monde : en Inde, en Chine, aux Etats-Unis et même en Europe ou en Afrique. Plus la consommation augmente, plus nous réchauffons l'atmosphère, c'est – hélas – imparable ! Et aujourd'hui, rien n'est en mesure d'enrayer le phénomène, bien au contraire. On assiste partout à une course effrénée à la croissance économique, gage d'élévation du niveau de vie et d'amélioration des conditions d'existence des habitants de la planète.

Février : la pleine saison du raisin et des cerises… en France

Nous sommes tous responsables, coupables même quand nous achetons en plein mois de février des cerises du Chili, des litchis de Madagascar, du raisin d'Afrique du Sud... acheminés par avions-cargos voraces en kérosène. Nous sommes aussi toujours plus nombreux à nous équiper en produits électroménagers et électroniques que les phénomènes de mode (fondés sur des innovations technologiques "supposées" ou réelles) auront tôt fait de rendre "obsolètes" et "dépassés".
Le moteur de ce que nous avons coutume d'appeler la croissance, celle à laquelle aspirent tous les pays du monde (sauf peut-être la Corée du Nord) ne correspond à rien d'autre qu'à notre capacité à produire, et donc par ricochet, à consommer. Plus notre niveau de consommation est élevé, plus importante est notre croissance. Et, c'est dès le plus jeune âge qu'on nous inculque les préceptes du parfait "petit consommateur". Voyez à quelle pression publicitaire sont soumis nos enfants par le biais de la télévision. Quand leurs grands-parents se contentaient de quelques jouets rafistolés (généralement fabriqués en bois) pour se divertir, aujourd'hui, sous la pression des spots de pub, c'est tout l'attirail Barbie que réclament les petites filles modèles : le château, le carrosse, les chevaux, le lit à baldaquin, la garde-robe complète... manufacturés à bas coût en Chine et revendus à prix d'or ici (des jouets qui s'entasseront quelques mois plus tard dans la cave, avant de finir à l'incinérateur).

Commençons par interdire le matraquage publicitaire infligé aux enfants !

La "Révolution écologique" qu'appellent Jacques Chirac et Nicolas Hulot passe obligatoirement par l'interdiction de la publicité dans les émissions enfantines. La préservation de l'environnement, le développement durable et la consommation raisonnée doivent être enseignés dès le plus jeune âge. Pourtant, aujourd'hui, nous prenons exactement le chemin inverse. Les jeunes consommateurs et leurs aînés sont conditionnés à consommer plus, donc à gaspiller toujours plus. Jamais le discours commercial des marques n’a trouvé autant d’oreilles réceptives !

Avec sa Logan, Renault va doubler sa capacité de nuisance écologique

Alors que Jacques Chirac en appelait à la "Révolution écologique" pour sauver la planète du réchauffement climatique, le jour même Renault annonçait triomphalement que son usine de Moscou va produire 160.000 Logan par an d'ici 2009, contre 60.000 en 2006. Près de trois fois plus ! Beau succès industriel mais pour quel impact écologique ?
Cet exemple est emblématique : Quel Français ne se réjouirait-il pas d'une telle annonce qui permet au constructeur (éprouvé par la chute de ses ventes en France) de conforter ses positions à l'international ? Car, pour répondre à la demande des pays émergeants (Brésil, Inde, Roumanie...), Renault va doubler sa production de Logan dans les années à venir... et doubler par la même occasion ses besoins en matières premières entrant dans la fabrication des véhicules, doubler la consommation de pétrole pour les faire rouler, doubler la quantité de CO2 rejeté dans l'atmosphère. En d'autres termes, sur la seule production de Logan (un véhicule souvent acheté par des personnes qui, jusqu'alors, n'avaient pas de voiture), Renault annonce le doublement de son "empreinte écologique". Et tout le monde s'en réjouit...

Seule la contrainte financière peut faire évoluer nos comportements

Nous sommes tous responsables, coupables et hypocrites, car pas un seul d'entre nous ne serait aujourd'hui prêt à accepter une limitation, voire une réduction, de son pouvoir d'achat, de sa capacité à consommer et donc à polluer. Cependant, il nous arrive d'y être contraint par des circonstances indépendantes de notre volonté, comme le chômage. Ainsi, moi-même, j'ai vu mon pouvoir d'achat s'effondrer ces quatre dernières années. Allocataire d'un minima social, j'ai réduit mes dépenses à l'essentiel, renonçant à ma voiture, à mes déplacements à l'étranger et aux achats superflus. Ma situation plus que précaire a certainement réduit des trois-quarts ma capacité de nuisance écologique. Mais seule la contrainte financière m'a conduit à modifier mes comportements de consommateur : Toutes mes dépenses sont aujourd'hui justifiées, toutes les sources d'économie sont étudiées. Mais si je devais un jour retrouver le niveau de vie qui était le mien, je renouerais certainement avec mes mauvaises habitudes. Voilà pourquoi le cours des événements - forcément dévastateurs pour notre environnement - n'est pas prêt de s'inverser. Voilà pourquoi nous courons à la catastrophe.

"Travailler plus pour gagner plus" = Polluer plus !

Mais revenons-en à la campagne présidentielle, ici, en France. Si Nicolas Sarkozy est élu, il nous promet de "travailler plus pour gagner plus", donc de consommer plus, n'est-ce pas ? En quoi cette proposition s'inscrit-elle dans le "Pacte écologique" de Nicolas Hulot que le candidat UMP a signé ? Cette promesse électorale (qui motivera peut-être le vote d'une majorité de Français) s'oppose formellement à une quelconque réduction de notre capacité de nuisance écologique, pire elle l’accroît. Mais laquelle ou lequel d'entre nous est-il prêt à "consommer moins" sans y être soumis par des contraintes extérieures ? Quelques rares "illuminés" peuvent peut-être l’envisager sérieusement et les autres, plus nombreux, l'admettre éventuellement ; mais quelles résolutions fermes sont-ils prêts à s’appliquer en matière de lutte contre le réchauffement climatique et, plus généralement, contre le gaspillage et la pollution ? Quels efforts sommes-nous vraiment prêts à consentir ?

YB pour Rénovation-démocratique

 

Réchauffement climatique : Nous sommes tous responsables ! | 1 Commentaire
Tri :
Les commentaires appartiennent à leur auteur. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Chômage et écologie : une conscience commune ? (Score : 1)
par Yves actif 05 Fév 2007

(Profil Utilisateur | Envoyer un message) http://
C'est bien malgré eux que les privés d'emploi subissent une baisse drastique de leur pouvoir d'achat et doivent progressivement s'adapter à de nouveaux modes de consommation. C'est aussi bien malgré eux qu'ils réalisent, finalement, que leurs nouvelles habitudes sont peut-être plus sensées et "écolo" que quand ils travaillaient.

Drôle de constat : l'appauvrissement n'est jamais une gloire mais quand il faut rogner sur la facture d'électricité, celle de l'eau ou sur les achats courants, la différence de comportement est notable.

Bien sûr, les denrées les moins chères ne sont pas les meilleures : les bons produits coûtent, surtout lorsqu'on est citadin. Les fruits et les légumes, la viande deviennent hors de prix. A moyen et long terme, les incidences sur la santé sont réelles et quand 60 Millions de Consommateurs zoome sur la qualité des premiers prix et autres "hard discount", ce n'est franchement pas glorieux : la malbouffe est pleinement à l'œuvre, frappant d'abord les plus pauvres. De même, au lieu d'acheter un pull 100% pure laine vierge, le chômeur prendra celui à 10 € acheté en solderie, 100% acrylique made in China où croissance économique rime avec exploitation et pollution, ou bien celui de chez H&M à 19 €, hélas fabriqué en Turquie...

Mais quel chômeur ne s'est pas demandé, alors qu'il prenait sa voiture tous les jours dans les embouteillages pour aller travailler : "Comment ai-je pu supporter cela ?" Tout ce stress, cette puanteur, ce gaspillage : toute cette absurdité. Quel chômeur, constatant à quel point il achetait n'importe quoi à l'hypermarché où il se rendait en voiture "pour faire le plein de la semaine" devant les aguichantes têtes de gondoles, apprécie que la supérette d'à côté lui revienne moins cher et que s'y rendre à pied n'est, ma foi, pas si désagréable. Que porter ses courses et faire un peu de marche lui procure de l'exercice. Moins d'argent et plus de temps : des éléments à contre-courant qui concernent de plus en plus de monde, précarisation oblige.

Une "décroissance" forcée

Eteindre la lumière quand on quitte une pièce, laisser le robinet fermé tant qu'on ne se rince pas la bouche en se brossant les dents ou qu'on ne rince pas sa vaisselle, espacer les machines à laver puisqu'on ne doit plus forcément sortir de chez soi tous les jours… Toutes ces petites choses qu'on pense à faire ou qu'on ne fait plus avec ce ralentissement imposé du train de vie, qui sont autant de comportements écologiques dont on s'aperçoit au bout d'un moment, moyennant recul, que ce n'est pas si mal à l'heure où le réchauffement de la planète est un enjeu de taille.
Quand on fait attention à sa consommation d'eau chaude et d'électricité, on économise de l'énergie. On songe à ceux qui couchent dehors et ne peuvent pas se laver. On songe enfin à cette écrasante majorité d'êtres humains qui n'a pas accès à l'eau courante et se couche avec le soleil. De même, quand on n'achète que ce qui est nécessaire, on descend moins de poubelles et on prend le temps de faire le tri.

Quand on surmonte le regard des autres (celui qui blesse, car notre monde s'appuie exclusivement sur les apparences et le conformisme, la réussite consistant à "en jeter" : c'est d'un superficiel !), plus on assume sa situation et on se passe de futilités, plus on se rend compte qu'il y a trop de produits trop chers qui ne durent pas ou ne servent à rien, sinon faire tourner artificiellement une société de consommation qui abrutit les individus, les prend pour des vaches à lait et dégrade de plus en plus notre environnement.

José Bové nous recevra-t-il ?

Au début, les chômeurs sont "écolos malgré eux", puis souvent convaincus quand ils font le parallèle entre leurs nouvelles habitudes et les exigences environnementales. Une conscience émerge.

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